06.08.2009
Quand j'étais petite ...
... je voulais être infirmière aux urgences pas graves ( entre autres ).
C'est-à-dire, là où il n'y a pas de sang, rien que de petits bobs sans gravité - les entorses pouvant être exceptionnellement admises.
C'est sans doute avec l'arrière-pensée de ce temps béni où je n'avais à me préoccuper de ( presque ) rien que j'ai acheté La Dame à la Lampe avant de partir en exil.

Ce bouquin, donc, raconte la vie de Florence Nightingale, celle qui, en quelque sorte, a " élevé " le métier d'infirmière : avant elle, il était réservé à des espèces de pochetronnes plus ou moins nympho ( en gros ). C'est également elle qui a fondé la première véritable école d'infirmières en 1860, quelques années après son retour de Crimée - elle y a participé en tant qu'infirmière.
Pourquoi le surnom de " dame à la lampe " ? Parce que c'est en Crimée, justement, qu'elle a commencé à parcourir de nuit les hôpitaux militaires, équipée d'une lampe, en vue de soulager et de réconforter les blessés.
Le parcours de Miss Nightingale est intéressant en lui-même, dans la mesure où elle a dû se battre contre sa propre famille pour pouvoir exercer ce métier, et ruer dans les brancards de l'ère victorienne.

Le bouquin en lui-même n'est pas spécialement génial - la narration est un peu saccadée ( tentative pour rendre le récit plus vivant ? ), et à la dernière page, j'ai eu le sentiment d'en savoir à peine plus qu'au moment d'ouvrir le livre ... donc, pas grand-chose.
Par exemple, j'aurais trouvé intéressant de développer la manière dont Florence Nightingale a secoué les carcans qui l'empêchaient d'exercer ce qu'elle considérait comme un appel de Dieu, au lieu de blablater sur ses attirances vers la religion catholique, parce qu'elle a envie de se convertir, oui mais non, enfin peut-être que quand même, mais c'est vrai que ...
En résumé, le bouquin m'a gavée, mais le personnage même de Miss Nightingale mérite le détour, et je pense que je vous en reparlerai quand j'aurai trouvé une bonne biographie d'elle !
11:22 Publié dans Bookworm | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dame à la lampe, florence nightingale, rêve d'enfant
13.02.2009
The Dying Beauty
Mes amis, une fois n'est pas coutume, aujourd'hui on va parler culture.
Vraie, la culture.
Même, je vais vous parler d'un livre.
Waouh, dites-vous avec un regard extatique.
Continuez, les gens, c'est très bien comme ça.
Je sens votre impatience grandir, lecteurs, vous vous demandez de quoi je vais bien pouvoir vous parler. Du Diable s'habille en Prada ?
Que nenni.
Des Confessions d'une accro du shopping ?
Non.
Allons, je mets fin au suspense.
Aujourd'hui, c'est Belle du Seigneur.
( Pour être totalement honnête, c'est un article de quand j'avais deux blogs - lointain temps de ma schizophrénie, en somme. C'est pour ça que si ça vous dit quelque chose, c'est normal ... )
D'ailleurs, au passage, si vous voulez vous tordre de rire, faudra repasser, la maison ne rigole pas aujourd'hui. Faire la neuneu ça va un temps, j'ai aussi besoin de respirer, quoi ... Allez, je suis sympa, je vous laisse lire !

Ariane est mariée à Adrien Deume, fonctionnaire de la Société des Nations. Solal est l'un des sous-directeurs de cette même société. Ils vont se croiser à l'une de ces soirées mondaines qui fleurissent dans le Genève des années 30, puis se revoir une nouvelle fois pour ne plus se quitter.
Solal offre à Ariane tout ce dont elle manque : le rêve, la passion, à elle qui vit entre un petit fonctionnaire dévoré d'ambition et de bêtise, une belle-mère bornée qui ne vit que pour les mondanités et la religion, et un beau-père intellectuellement limité mais plein de bonne volonté.
C'est cette vie que va fuir Ariane pour un Solal désabusé par l'amour : lui qui possède la beauté physique et l'intelligence veut être aimé seulement pour lui-même, et veut plaire sans user de son apparence. C'est peine perdue, il a été repoussé par Ariane alors qu'il s'était déguisé en vieux Juif pour tenter de la séduire par son esprit.
Pourquoi j'ai aimé ? Parce que Belle du Seigneur décrit parfaitement non seulement les affres de la passion, mais aussi les années 30. Par l'incurie du petit Adrien Deume, on entrevoit l'échec de la Société des Nations; Ariane et Solal sont enfermés dans leur passion, cherchant toujours à être parfait l'un pour l'autre. Étouffés par cette même passion, cette obligation de perfection que chacun s'impose et impose à l'autre, aucun n'arrivera à en parler ni à s'en libérer, tant et si bien qu'ils finiront par prendre la sortie la plus simple.
On comprend aussi toute la dimension d'un amour véritable : confronté à l'anti-sémitisme montant à partir de 1930, Solal fera tout pour protéger Ariane qu'elle n'en souffre pas. L'opprobre jetée sur elle parce qu'elle a quitté son mari, il fera également tout pour la protéger des affronts, et essayer de combler leur absence de vie sociale.
En fin de compte, j'ai souvent lu que Belle du Seigneur était l'anti-roman d'amour par excellence. Eh bien non : ce n'est simplement pas un roman d'amour comme on a l'habitude d'en lire. Parce qu'ici, c'est l'aspect dévastateur de la passion qui est décrit, pas seulement les premiers émois, et la volonté de tout faire pour l'autre. On est plutôt face à un roman qui décortique la passion, qui en fait presque une analyse psychologique. C'est bien beau de s'aimer, mais il faut vivre et composer avec les défauts de l'autre, ses petits manies qui nous agacent, et pourtant ...
À la dernière page ? Pour croire encore qu'on peut vivre d'amour et d'eau fraîche, il faut avoir zappé toutes les précédentes ...
( Pour ceux que le titre intrigue ( je reconnais qu'il est tordu ), c'est en référence à La Belle au Bois Dormant - The Sleeping Beauty. Alors, pourquoi The Dying Beauty ? Simplement parce qu'Ariane meurt à petit feu tout au long du bouquin ... )
07:00 Publié dans Bookworm | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
31.12.2008
Première petite bouchée de pâtisserie et autres plaisirs minuscules
Chais pas si tu sais, mais la dernière fois j'ai dû aller acheter un bouquin de droit. Ouais. Ma vie est tout à fait fascinante, je sais.
Mais j'ai des principes, moi.
Pas de lavage juridique de cerveau sans une remise en forme.
Et comme ce principe ne connaît peu ou prou aucune exception, j'en ai fait une application stricte.
En gros, j'me suis offert un bouquin.
Joyeux Noël de moi à moi-même, en quelque sorte.
Et donc, j'ai acheté les Contes des Milles et Une Nuits.
Voui, Scheherazade et touça touça.
Enfin, le premier tome.
Les autres, je les achèterai avant de partir à Paris, pour le cas où j'arrive à ne pas dormir dans le train. Sait-on jamais, l'espoir fait vivre.
Bref.
Ô lectrice égarée en cette lointaine contrée bloguesque, as-tu lu les Contes ?
Si tel n'est pas le cas, je te les conseille.
Tout le monde est beau, les princesses sont toujours belles, les héros aussi ( sauf quand ils sont borgnes ), et c'est love at first sight pour tout le monde.
Les Contes sont aussi sucrés que les pâtisseries orientales, tout en étant moins funestes pour tes hanches ( ainsi que pour les miennes ). Tu sais ce qu'on dit : vingt secondes dans la bouche, vingt ans sur les hanches.
Je pense que tu l'as compris : j'adore, j'idolâtre les pâtisseries orientales. Les Contes aussi.
( Ceci n'étant absolument pas un appel à la générosité maternelle )
( Toutes les photos représentent Diana Vishevna dans le ballet Scheherazade )
( Accompagnée d'Igor Kolb )






